La culpabilité, mère du jugement

L‘homme étant aveugle, il lui est très difficile de s’apprécier.

La clé pour retrouver l’amour de soi est, tout d’abord, d’offrir une échappatoire à cette pensée qui dit qu’il faut être parfait et que cela est notre seule chance de regagner le paradis.

Il faut tout de même bien comprendre qu’à l’origine de l’existence de l’homme, et de sa soi-disant histoire, il y a le péché, celui du refus d’Adam et d’Eve d’écouter dieu et d’ainsi perdre le paradis auquel ils étaient destinés.

Il n’est pas nécessaire de vous expliquer pourquoi la suite est imprégnée de cette notion de faute.

Elle est à la racine de notre conscience collective.

Selon vous, est-ce que celui qui ne fait jamais un écart du soi-disant droit chemin est plus riche que celui qui s’est trompé ?

Est-ce que l’un et l’autre ont leur richesse propre, le cumul de ces deux expériences grandissant la connaissance de dieu ? Ou tout simplement, ces deux questions n’ont-elles aucun lieu d’être posées au-delà de nos pensées ?

Cessons de voir dieu comme un grand juge externe qui attend avec impatience que nous rentrions dans le droit chemin, le sien.

La seule personne qui attende cela c’est nous-même et c’est cette expectative qui nous empêche de vivre dans l’amour inconditionnel.

Ces mots sont faciles à écrire, mais leur application relève de l’acte le plus difficile qui soit

 

Nous sommes, par nos existences propres, chacun un cadeau en devenir. Une fois le cadeau complété, sa valeur est la même suivant que l’on se place au début, au milieu ou à la fin de sa réalisation. De même pour vous, ce n’est pas parce que votre cadeau n’est pas terminé qu’il est de moindre valeur.

Sur cette terre, chaque être détient en lui une réponse essentielle à offrir. Ne la comparez pas à celle des autres car elle est unique et donc primordiale.

Nous sommes tous un modèle d’existence propre. Lorsque vous vous comparez à une autre personne, vous quittez votre réalité, celle qui est à la base de la raison de votre présence sur terre, celle qui est l’initiatrice du façonnement de votre personnalité.

Vous êtes unique et magnifique, sans exception aucune.

Le paradis ne peut exister s’il manque l’un d’entre nous : l’unité n’est que totale ainsi, tant que la dualité existe, elle empêche l’unité d’être entière

 

Toutefois, le jugement prend ses racines dans une profondeur qui va bien au-delà du corps physique. Lui seul sait s’engluer de la façon que nous connaissons si bien, mais lorsque la personnalité vibre si fort de ce jugement, cela signifie qu’il prend source dans le regard de l’âme sur elle-même.

Ce regard peut changer, en incarnation, pour autant que la personnalité s’en rende compte et soit suffisamment en transparence pour se laisser aider.

Il est sûr que toute libération de la personnalité est, au même titre, libération de l’âme.

Vous comprenez pourquoi il est très important de mettre la personnalité dans un milieu de vie et d’environnement qui va lui refléter ce qu’elle est, car ce n’est que comme cela que les vibrations de l’âme peuvent être décelées et modifiées.

Donc il faut cesser de s’apitoyer sur son sort. Que ce soit sur la déplorable famille que nous avons ou les moyens miséreux dont nous disposons, car tout, absolument tout, est voulu ainsi pour nous éveiller et nous émanciper et non pour nous enfoncer ou nous punir.

Votre vie vous reflète et devance votre espoir de réussite, rien de ce que vous vivez, ressentez, ou subissez ne prend source en dehors de vous, rien, jamais. C’est la loi.

Nous ne sommes pas des victimes, nous sommes uniquement face à nous-même, à chaque seconde.

Ce face à face reste inconscient, avec toute l’attitude rebelle qui s’y joint, jusqu’à l’instant où la personnalité sort du mutisme dû à sa non-voyance.

C’est à ce moment-là qu’elle engage réellement et consciemment un partenariat d’amour et d’authenticité avec son âme.

Les événements de vie peuvent continuer à être durs, mais la personnalité a cessé de les imputer à la malchance et à l’injustice. La place est prise pour l’éternité.

Les personnes qui ne se jugent pas sont soit avant le processus d’auto-regard ou l’ont déjà dépassé. Ce processus a toujours lieu, il n’est pas de même durée pour tous, mais il fait partie du retour à soi de l’âme

 

L‘intolérance est aveugle.

Vous êtes précisément le parcours de votre âme tout en étant complètement aveugle quant à ce qu’il a été.

Lorsque vous jugez un comportement, qu’il émane de vous ou d’une tierce personne, vous vous disséquez. Vous cessez de respirer pour l’ensemble de l’être que vous êtes.

Dans certains cas, il vous arrivera de réagir différemment de manière naturelle et, d’autres fois, vous n’y parviendrez pas.

Peu importe, chaque étape est un succès sur le chemin enfin entamé.

Ceci quoi que vous en penserez. A nouveau, et si le fait d’endosser notre part d’ombre et de l’assumer était la porte d’accès à notre paix.

Ce pardon ne vient pas de dieu car il n’y a rien à pardonner. Il doit venir de nous-même, il s’adresse en premier lieu à nous-même, puis automatiquement aux autres qui ne sont que le reflet de nos propres failles exprimées différemment

 

Lorsque nous comprenons que nous sommes nos critiques, elles deviennent compassion.

Si nous quittons totalement le jugement, la culpabilité et la punition, nous pouvons aborder le vrai monde, celui dans lequel l’injustice n’existe pas, celui dans lequel tout est juste, juste au-delà de notre possibilité d’écoute.

Nous sommes des egos qui apprennent à accepter et à aimer leur condition tout en abandonnant l’illusion de leur place directive.

Ceci est le seul rôle de l’ego, à savoir reconnaître que le sauveur est l’esprit.

C’est l’amour inconditionnel de soi qui rend libre. Il est notre ailleurs et sa seule demande est notre implication.

Il n’usurpe pas les réactions naturelles, mais il dicte sa conduite amoureuse quant à tout ce qui se manifeste en soi : les pensées ou actes montent à la surface de la conscience, on les dissèque et, tout en le faisant, on les aime déjà, car elles représentent notre légitimité, celle que nous pourchassons depuis si longtemps.

Celui qui a beaucoup marché sait s’offrir la reconnaissance des répercussions de son parcours qui le mènent dans son présent, son cadeau.

Je ne prétends pas qu’il faille vivre et faire tout sans responsabilité et en toute impunité, mais les personnes qui lisent ces lignes savent pertinemment que le rappel à soi est le garant de l’impossibilité que ce déraillement ne survienne.

S’il devait avoir lieu c’est que l’être avait besoin d’expérimenter cet état pour se trouver davantage.

La paix ne se perd jamais, si elle disparaît c’est parce qu’elle n’était pas nôtre tout à fait

 

Il existe bien entendu beaucoup de styles d’ego et ce qui précède ne sera pas vrai pour tous.

Il y a autant d’egos que d’êtres humains donc autant dire qu’il est impossible d’en dresser une liste exhaustive.

Quoi qu’il en soit et quel que soit le sujet de prédilection utilisé par un ego pour s’élire, il en existe toujours un.

S’il n’est pas rattaché directement à la personne qu’il habite, cela transitera alors par un autre être qu’il admire et qu’il place dans la justesse de sa protection et de sa mise en avant.

Une chose est certaine, l’ego trouve toujours un objet dont il fera sa raison d’exister et de se valoriser.

D’autre part, il faut rester conscient qu’il déploie automatiquement et naturellement sa protection à tout ce qu’il s’approprie, que ce soit ses choix, ses idées, les personnes à qui il s’identifie ou tout ce qui différencie sa personnalité d’une autre

 

Chaque situation dans votre vie fait appel à votre courage à suivre ce que votre conscience vous dicte.

Vous ne pouvez pas faire fausse route car, s’il existe plusieurs chemins, tous vous mènent à vous-même.

Nous ne sommes appelés qu’à soi. C’est dû à notre non-voyance et au sentiment de culpabilité qui va de pair que nous nous poussons à l’extérieur de nous-même jusqu’à notre perte.

Bien qu’il soit bon de se perdre pour se trouver, il est un temps pour tout. Lorsque l’appel du retour à soi a sonné, la personnalité qui ne peut y répondre, ne sachant vers où aller, souffre beaucoup.

Elle aimerait s’unir mais, une fois de plus, elle va d’abord analyser ses actifs et souvent, trop souvent, s’en détourner vu la charge qu’elle y trouve.

Tout ceci est un processus peut-être inconscient pour la personnalité, mais bien calqué sur le sentiment de l’âme.

Que fait-elle alors ?

Elle essaie de se valoriser en aidant les autres et en les gratifiant de sa présence irréprochable, elle se rachète une bonne conduite.

Est-ce juste ?

Certainement si elle en ressent le besoin. Surtout faites-le tant que vous ne serez pas assez fort pour assumer de ne plus le faire.

A nouveau, ne pas répondre aux attentes d’autrui si l’on n’est pas prêt à l’assumer intérieurement est plus nuisible que d’accepter d’en avoir encore besoin.

Certainement, un oui offert par culpabilité est plus facile à vivre qu’un non qui vous expose intérieurement à ce même sentiment doublé du jugement inévitable et réprobateur de votre entourage quant à votre non-docilité.

Un jour vient où l’on se sent suffisamment en phase pour respecter de ne faire les choses que si le cœur y est, c’est-à-dire lorsque le mental lui aura cédé sa place et sera enrichi de toute la conscience que cette cession porte

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