La peur

La peur est une grande entrave à la liberté du corps physique et de l’âme qui est ébranlée à travers le corps.

Ces peurs viennent de son vécu. Elles font parties d’elle et ses choix d’incarnation sont liés à sa volonté de s’en émanciper.

Elle ne peut les dépasser qu’en y étant confrontée et en y appliquant une nouvelle énergie d’apaisement.

Cela peut être le travail de toute une vie suivant ce à quoi elle s’attelle. Ces peurs sont autant d’entraves que de sources du vrai

 

Votre ego, se trouvant en surface, n’a aucun moyen d’accéder à la quiétude de ces profondeurs donc il panique, car sa vision est très limitée et la réalité de sa situation est angoissante.

Tant qu’il pense pouvoir se sentir en sécurité seul, il y aura toujours des orages qui menaceront l’instabilité de son embarcation mais, petit à petit, il apprendra que la seule sécurité qu’il peut trouver est de remettre la gestion de son existence à plus profond et plus visionnaire que lui.

C’est contre sa nature mais, à force de chavirer, il fait acte de foi

 

Il y a, à mon sens, deux sortes de peurs :

Celles qui sont engendrées par nos pensées, tangibles et ayant, par conséquent, un sujet.

Celles qui nous submergent sans crier gare et dont la compréhension n’est fondée sur aucune base concrète.

Elles soustraient donc la personnalité à toute capacité de contrôle. Elles dévastent toute possibilité volontaire et rien de ce que l’on peut penser ne peut changer leur connotation.

L’homme est anéanti pour se trouver face à lui-même

Pour ce qui est des peurs incontrôlables, je vais vous livrer ma propre expérience en espérant qu’elle donnera espoir aux êtres dévastés en eux-mêmes.

J’ai fait une grande dépression à l’âge de 28 ans lors de ma deuxième grossesse. J’ai cru mourir.

Par moments, j’ai eu envie de mourir pour échapper à moi-même. Tout ce que je croyais être s’effondrait. J’étais, à cette époque, incapable de laisser faire car je croyais encore devoir faire pour être.

J’ai donc fait ce que je pouvais, et le processus de libération a germé précisément là.

Je me suis battue, débattue puis, à bout de souffle, j’ai abandonné. J’ai avoué ma souffrance, moi qui avait tellement peur de me montrer faible, peur qu’autrui en profite pour me mettre à terre.

J’ai compris par la suite que personne d’autre que soi-même peut nous faire chuter

 

J‘étais à l’intersection de moi-même et des mondes qui m’habitent. L’un me disait d’y croire, de lâcher et l’autre, fort de son souvenir, me faisait constater l’angoisse abyssale présente et bien réelle.

Comment lâcher, et lâcher quoi, moi ?

Pouvez-vous comprendre que je n’étais plus ?

J’étais tellement à l’intersection de moi-même que j’avais disparu.

Je n’étais plus qu’une question. Croire ou ne pas croire ? Faire confiance à l’intangible ou se fier à la réalité de ma personnalité ?

Il a été dit que nous ne vivons rien qui ne soit le reflet d’une appartenance intérieure.

J’étais, à cet instant précis, tellement consciente du paroxysme de la perdition humaine.

Il est très difficile d’expliquer ce ressenti. C’était comme si, tout à coup, je visualisais le chemin emprunté par notre humanité, chemin totalement à l’opposé de ce que nos esprits sont.

J’étais dans la pureté d’observation de l’inconscience humaine avec toute la peur que cela entraîne lorsque l’on est dans un corps.

L’inconscience dont est empreint le mental ne peut se joindre à la pureté de la conscience que l’on ressent avoir quittée et que l’on veut retrouver.

J’étais face à la quintessence des opposés. Le mental humain ne peut que la constater et la vivre très douloureusement, mais il ne peut en tout cas pas savoir comment réunifier ces antipodes.

C’est de l’unité, là où les contraires ne le sont plus, que provient l’issue

 

La capitulation de l’ego permet l’émergence de l’être qui lui donne vie.

J’ai alors assisté à mon nettoyage intérieur. Je ne fuyais plus. J’osais regarder ma peur en face. Cette horreur au-delà de tout mot assez puissant pour la décrire était en réalité soutenable par mon regard que je lui soutenais de front.

Le jour où l’on peut regarder notre peur en face, elle cesse presque instantanément d’exister, car elle n’est finalement que notre absence.

Assumer notre présence face à elle est cependant colossal et le long chemin parcouru était une préparation sans laquelle jamais je n’aurais pu le faire.

Je pense que ceci résume les raisons du pourquoi de toutes les douleurs auxquelles nous sommes confrontés.

Elles nous préparent à soutenir le regard face à soi

 

Pour en revenir à mon vécu de ce passage exceptionnel, mon ego n’a pu qu’accepter d’y croire, car il était le spectateur invité et bien qu’il aime s’en attribuer les mérites, il sait, au fond, qu’il a tout simplement laissé faire. Il était suffisamment en confiance pour cela.

Il est entouré d’une force qui ne l’annihile pas, mais qui le remet vite à sa place, avec amour et sourire.

Il ose croire qu’il est désormais en toute sécurité, mais il restera toujours sur ses gardes puisqu’il est ce qu’il est

 

L‘ego appartient à une réalité ayant un début et une fin, à savoir la naissance et la mort.

Comment voulez-vous qu’il croie durablement à une réalité infinie qu’il n’atteindra jamais ?

Il peut concevoir cette réalité, mais son instinct reste lié à sa condition temporelle

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