Le regard de l’autre, miroir de nos propres accrochages

Nous formons un ensemble homogène à l’intérieur duquel il y a une multitude de sous-ensembles qui se croient séparés sans jamais l’être.

Tout est lié, aussi et surtout notre incapacité à pressentir cette réalité.

La trame est individuelle et c’est cette individualité qui permet à la totalité de se dévoiler.

Ce sont nos parcours personnels qui augmentent la connaissance de ce que nous sommes conjointement.

Chacun de nous a son histoire bien particulière à laquelle nous sommes entièrement identifiés et c’est à travers elle que nous élargissons la connaissance de nous-même, en tant qu’individu en premier lieu, mais aussi en tant qu’ensemble puisque cette connaissance de nous-même nous mène forcément vers notre seule réalité conjointe.

Nous entamons donc notre histoire en pensant être le seul acteur concerné et nous la terminons en réalisant que notre histoire est celle de l’ensemble que nous formons …

 

L‘ego est incapable de s’apprécier sans se comparer : il désire plaire et le regard de l’autre est primordial pour lui.

Suivant ses conditionnements, ce besoin peut l’empêcher de vivre librement.

Il va tout faire pour garder la faveur de ceux qu’il côtoie quitte à se distancer de ce qu’il aimerait être, dire ou faire par peur d’être isolé, pointé du doigt, déclassé.

Il fera tout soit pour correspondre au cadre projeté par son entourage en échange de l’amour procuré ou, au contraire, ce qui revient exactement au même, pour se démarquer de ce cadre qu’il récuse, mais duquel il n’arrive pas à s’émanciper et à se libérer.

Et tout ceci uniquement parce que l’ego puise sa confiance en lui à l’extérieur.

Il ne puise cependant rien et où que ce soit sans raison

 

Le besoin de reconnaissance de l’ego est essentiel pour tous, tant que la reconnaissance intérieure n’est pas là et même au-delà puisque l’ego ne se nourrit que de cela. Il a cependant plus de réserve avec le temps et la sagesse intérieure retrouvée.

Ce besoin enferme, mais comme toute fermeture, elle finit par ouvrir sur autre chose.

Nous vivons dans un monde où notre valeur constatée est basée sur la reconnaissance des autres parce que nos egos ne peuvent appréhender les êtres et leurs qualités qu’à travers ce qu’ils connaissent extérieurement d’eux.

Lorsque vous rencontrez un inconnu, vous l’évaluez en fonction de son paraître et de sa réputation.

De même pour ce qu’il est. Le mental n’ayant pas la possibilité de le voir dans son ensemble, il se base sur ce qu’il est dit de lui ou ce qui en émane.

C’est en fonction de cela qu’il souhaite s’arrêter ou qu’il passe son chemin.

Nous sommes tristes que quelqu’un passe son chemin une fois que nous l’avons rencontré, car cela enlève toute possibilité au rêve de plaire à tout le monde que nous poursuivons tous.

Notre société est enfermée dans son propre jugement dont découle l’hypocrisie du paraître, l’insatiable besoin de l’aval des autres et elle tourne sur elle-même dans cette ronde infernale jusqu’à ce que la paix tienne sa place.

L’ego continue ensuite de résonner de ce dont il est né, mais il accepte qu’autre chose existe et c’est de cette existence que découle le salut …

 

Lorsque la vie sait que votre utopie est si dense qu’il vous est impossible de voir au-delà, elle vous arrête.

Nous n’aimons pas du tout être arrêtés car nous associons cela à une trahison de la vie.

Nous interprétons forcément ces arrêts comme une punition, mais cela n’est vrai en aucun cas. Ils sont les garants de notre possibilité d’accéder à l’au-delà du décor de nos existences.

Quels que soient les arrêts de votre vie, sachez que tous ont cette fonction

 

Plus la lucidité s’installe en vous plus il est nécessaire qu’elle soit accompagnée d’amour, car vous voyez si clairement les choses chez vous-même et autrui que cela appelle beaucoup d’indulgence

 

La seule personne avec qui l’ego s’éteint est soi-même, car une fois face à soi, en lien d’amour, il n’y a plus de jugement donc plus de peur et de besoin de protection.

L’ego naît au contact des autres qui font de son monde un monde non unique.

Il est ainsi soumis à la comparaison et au sentiment de danger qui va de pair.

Ce monde expose ce qu’il y a à explorer et dont nous devons être conscients.

Nous pouvons le remercier de nous dicter sa vérité car, sans elle, nous ne trouverions pas ce pourquoi nous sommes ici

 

Lorsque la personnalité arrive à assumer ce qu’elle est sans peur du jugement, y compris celui qu’elle pose sur elle-même, elle se découvre libre.

Cela ne se fait pas sous forme révolutionnaire, qui sous-entend le même besoin du regard des autres que celui qui est entravé dans ses gestes par son besoin de plaire, mais avec la liberté de s’assumer, quel que soit le jugement inévitable d’autrui, ce dernier n’ayant plus de relais durable en soi …

 

Nos sociétés sont remplies d’idées préconçues et de cadres dans lesquels il faut se couler.

Si vous en sortez, vous serez jugés, de même que vous jugez les autres qui dérogent à vos règles.

L’important est de le savoir et d’assumer que le but n’est pas de mettre tout le monde d’accord, il n’y aurait plus de saveur et le monde serait monochrome.

Il suffit juste de s’assumer hors jugement et de juger consciemment et en s’assumant …

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